L'objectif de ce magazine est de contribuer à vulgariser la culture manjaku qui reste encore mal connue du grand public. Il est donc destiné à ceux qui connaissent cette culture et veulent la faire partager aux autres ; il est également créé pour ceux qui ne la connaissent pas encore ou la connaissent peu et qui veulent en savoir davantage. C'est enfin un journal pour tous ceux qui s'intéressent à la culture manjaku dans sa plénitude.
Nous n'avons pas besoin d'insister sur la prise de conscience car tous les Manjaku, aujourd'hui, sont conscients des valeurs inestimables de leur culture et de ce que celle-ci peut apporter à l'Afrique et à l'humanité tout entière.
Nous reconnaissons, donc, tous que nous sommes dans une phase de combat. J'allais dire de promouvoir notre culture. Oui, nous sommes dans une ère où nous devons nous battre avec les autres et avec nous-mêmes pour apporter notre part au rendez-vous du donner et du recevoir comme aurait dit le poète. Vous comprendrez avec nous que l'heure n'est plus à l'immobilisme et à la fausse pudeur.
Nous devons désormais prendre la plume pour écrire pour certains et, pour d'autres le micro pour parler. Nous avons laissé les autres parler de nous mais il est aujourd'hui temps que nous parlions de nous. Qui peut nous connaître mieux que nous-mêmes ? Que les Manjaku parlent de leur culture. Tel est notre pari culturel et aussi notre devoir. Tenter de vous faire voguer dans l'univers culturel manjaku.
Nous sommes Manjaku et nous devons être fiers de nous-mêmes si nous ne voulons pas disparaître de la carte du monde, en laissant en rade notre patrimoine culturel. W. Dubois, africain américain, écrivait vers la fin du 19 e s : « Je suis nègre, et je me glorifie de ce nom ; je suis fier du sang noir qui coule dans mes veines.» Après avoir médité sur ce cri de cœur, nous pouvons maintenant plonger en plein cœur du ucaak (pays) manjaku.
TOI, mon peuple, lève-toi et marche et, kandeer-manjaku chantera tes hauts faits. Ce bébé qui vient de naître sera ta parole qui fera entendre ta voix. Il est l'heure que Përim (la voix) manjaku résonne à jamais sans limites. Maintenant, debout et marche, la tête bien droit car au bout, ils t'attendent ; tes enfants t'accompagneront aussi. Ils te chanteront aujourd'hui, demain et à jamais.
BONNE LECTURE ET A TRES BIENTOT.
Oupa Diossine Loppy